COBSON

Publié le par Frédéric Gille

Après avoir livré un concert énergique et très électrique un peu à la Supergrass le groupe Montpelliérain nous accorde une interview autour d'une bonne pizza du Citron (moi aussi j'ai profité de la pizza).

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Cobson, c’est la rencontre de trois montpelliérains ?
Yannick : Moi et Laurent, nous sommes Montpelliérains. On se connaît depuis 15 ans. Nous avons rencontré Anna par annonce. On cherchait un chanteur pour notre groupe et finalement on a trouvé une chanteuse. Le groupe a tenu un an et ensuite s’est un peu scindé et depuis nous sommes trois.
 
Votre style musical a évolué avec ces changements ?
Laurent : Avant l’arrivée d’Anna c’était plus pop, plus facile. Ca ne veut pas dire que ce que l’on fait avec Cobson soit compliqué.
Anna : En fait on a repris mon projet personnel, je suis arrivée avec 6 morceaux, je travaillais seule avant. On a fait pas mal de concerts depuis que l’on s’est formé. On n’est jamais parti en tournée d’un mois par exemple. Nos dernières dates étaient à Montpellier, Toulouse et l’audition du printemps de Bourges en décembre. Avec ce concert que l’on vient de faire ce soir c’est la reprise.
 
La découverte de la musique s’est faite à travers quel groupe ?
A : Par rapport aux influences je dis toujours la même chose, une petite histoire que je raconte. Ma mère avait une cassette dans l’AX et dessus il y avait Léonard Cohen, David Bowie, Paulo Conte, j’ai découvert la musique avec ça. C’est vraiment la base. Après j’ai évolué. J’ai d’abord commencé à travailler avec un arrangeur. Puis j’ai appris chez moi, j’ai acheté ma première guitare électrique. Mais c’est vraiment avec Laurent et Yannick que c’est devenu électrique.
 
Sur scène vous nous avez parlé d’un futur enregistrement, c’est pour bientôt ?
L. : A partir du 30 mars. On a loué un gîte dans l’arrière pays pour dix jours. On pourra donc travailler non stop, pas comme en studio. On arrive avec des morceaux déjà bien réfléchi. Il y a encore du travail, mais on devrait y arriver. En tout cas ce sera surement moins hargneux que sur scène.
 
 
C’est surtout pour le plaisir d’enregistrer ?
A. Non. C’est pour continuer, avancer, on ne répète pas juste le mercredi. Tant que l’on est persuadé de ce que l’on fait on continuera. C’est un truc qu’on a là, si jamais je me découvre une passion pour la poterie peut être que j’arrêterais (rires). Non, et puis on a eu beaucoup de critiques positives. Pour deux ans d’existence, on a fait pas mal de choses. Deux EP sont déjà sortis et il y a peu un trois titres pour pouvoir démarcher des dates, mais aussi des labels, des tourneurs. Ca se passe bien, on fait nos pochettes, nos stickers. Avant de se lancer dans l’album.
 
Mais jusqu’où êtes vous prêt à développer le groupe et est ce que ce développement se fait facilement ?
Y. : Anna est étudiante, Laurent est en recherche d’emploi et moi je travaille depuis pas mal d’années. Par rapport à l’évolution du groupe on est à un moment où l’on peut encore moduler nos emplois du temps.
A. Si on est logique avec nous même, on espère qu’un jour on aura des choix à faire. Mais jusqu’à présent nous n’avons pas eu d’ultimatum comme une tournée d’un mois aux Etats-Unis. Le jour où l’on n’aura pas l’opportunité bien sûr on se posera la question. Après on veut se dire que l’on aura fait ce qu’il faut pour réussir.
 
Après avoir écouté vos titres, je ne pensais pas voir un set si énergique, agressif, pourquoi cette différence ?
L. : Les enregistrements ont tendance à aseptiser la musique, le live c’est cash. Il peut m’arriver d’aimer en concert un groupe mais le détester sur album. Ce soir on a eu envie de faire un set énergique, d’aller droit au but mais on sait aussi faire de la musique calme. Quarante minutes ce n’est pas significatif de ce que tu fais. L’album ce sera un mix entre le calme et l’énergique.
A. : Oui voilà pourquoi tu as dû être surpris par rapport aux titres qui sont sur My Space.
L. : Et puis ce n’est pas évident de restituer ce que tu fais en live. Pour certains styles c’est peut être plus facile. Par exemple, Franz Ferdinand, ils sont partis sur une structure disco facilement transposable. Alors que nous on part de choses plus tortueuses, c’est plus difficile de retranscrire en studio quand tu ne fais pas quelque chose de fm.
Y. : Ca dépend de la démarche que tu souhaites avoir. Nous, on cherche à faire quelque chose qui nous correspond. On n’en est pas là, mais certains groupes ont fini par quitter leurs démarches indépendantes pour mieux marcher.
 
L’idée d’insérer deux titres plus radiophonique à l’album vous a effleurés ?
A. : Jamais, ce n’est pas un truc sur commande. Sting a eu des paroles qui m’ont rassurée, c’est qu’il faut travailler. Des titres qui viennent comme cela j’en ai eu trois ou quatre mais la plupart on les travaille beaucoup.
 
Pensez-vous que Montpellier est une bonne place pour grandir ?
A. : Au début oui, mais ça fait un an que l’on tourne un peu en rond. Une fois que tu as fait le Victoire 2, le Rockstore il n’y a plus rien d’autre. On est un peu les loosers comme le groupe Brian Jonhson Massacreur dans le film Dig.
 
Je n’ai pas vu ce film
Tous : Boooh !
Y. : Allez ça va te prendre une heure et demi dans ta vie.
A. : C’est un film génial qui raconte en parallèle la progression des Dandy Warhols et des Brian Jonestown Massacre. Les premiers cartonnent, les deuxièmes manquent de chance. Depuis ils se sont repris, ils étaient aux transmusicales l’an dernier et marchent vraiment. On se sent un peu comme eux parce qu’on ne sait pas pourquoi ça n’avance pas plus vite. Tu fais des démarches, tu as des retours, mais les gens restent muets. Si on n’avait pas rencontré Pierre, le manager de Music Is Not Fun, peut-être que nous n’aurions pas joué ici ce soir. On les avait dépannés pour une date à Montpellier. Il nous a renvoyé l’ascenseur. C’est un petit milieu, le réseau compte beaucoup.
L. : Et il faut noter qu’on a plus de reconnaissance de l’étranger. On ne doit pas faire de la musique qui corresponde au public français. Ou alors c’est plus de la musique pour trentenaire qui sortent peut être moins et pas du tout le rock pour midinette qui cartonne en ce moment. C’est parfois plus facile de partir et ensuite de revenir en France. Tahiti 80 ont d’abord tournée au Japon pendant 4 ans avant de revenir.
 
Quel pays serait la cible ?
L. : Ce serait les Etats-Unis, parce qu’il y a 250 millions d’habitants. Si tu fais 1% de part de marché cela fait déjà un bon public. Il y a là bas une véritable culture la musique, une réelle ouverture.
Y. : Mais attention, ce qui va ressortir de l’interview c’est qu’on est pessimiste. Alors que non, pas du tout
 
 
On le trouve où votre optimisme alors ?
A.: Il est sur scène, voir le plaisir dans le regard des gens, même s’il n’y a que quatre personnes. Ce soir c’était vraiment cool d’ailleurs. On prend vraiment beaucoup de plaisir ensemble et on a commencé à mettre en place un nouveau concept.
 
Qui est ?
A.: La vente de concert sur Ebay. Une vente aux enchères. Notre première vente s’est élevée à un montant de 17 euros 50. Les gagnants étaient des amis Montpelliérains, alors que nous on pensait partir en Angleterre. On pense bientôt le refaire. La personne qui gagne l’enchère doit simplement nous payer le déplacement, mais si c’est pour jouer dans son salon on le fera. 
L. : Au final on souhaite jouer le maximum possible mais toujours dans la démarche, celle de ne pas payer pour jouer.

SITE OFFICIEL DE COBSON

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