APPLETOP

Publié le par Frédéric Gille

Un trio, ils font de la power pop, ils sont jeunes et viennent de sortir un EP, et non ce n'est pas la deuxième mi-temps avec Xanthine. Appletop, groupe toulonnais formé il y a trois ans, nous livre à travers une interview la vision qu'ils ont de leur projet mais aussi de la musique.

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Ce soir c’est votre première date à Lyon ?
Olivier : Oui, c’est notre premier concert à Lyon. Hier on était à Clermont-Ferrand avec Xanthine, la fréquentation un peu difficile mais on n’a pas trop mal joué et on a été très bien accueilli.
Nicolas : Pour tout dire il n’y avait pas foule. Le bar était excentré, c’est le début des vacances, ça n’était pas évident.
O. : On a trouvé cette date à Clermont après avoir eu celle de ce soir. On s’est dit, pourquoi ne pas trouver un concert la vieille dans le coin en proposant au groupe de venir ensuite jouer avec nous à Lyon. On a regardé sur Myspace les groupes qui tournaient dans la région. Xanthine cherchait des dates. J’ai envoyé un smilet qui en disait long et on a fait l’échange de date.
 
Cela tombait bien vue que vous êtes dans le même créneau que Xanthine
O. : Oui complétement
 
Qui est ?
Le groupe : Power pop
 
Mais quelles différences pensez-vous avoir avec eux ?
O. : Je pense que nous avons un côté rock américain avec de grosses distos, un son plus lourd, plus bruyant et plus new wave. Eux me font plus penser à du song writting américain avec une orchestration rock.
Pierre : C’est vraiment difficile de dire exactement ce que l’on fait mais les plus grosses influences restent le rock indé des Sonic Youth et la new wave des Cure.
 
Une petite biographie du groupe ?
O. : Fin mars ce sera notre troisième anniversaire. Au début on était 4, il y avait un chanteur et c’était plus pop que power. On s’est rencontré à travers des concerts. On faisait tous parties de groupes différents. Enfin Pierre et Nicolas jouaient dans le même groupe.
P. : C’étaient des mauvais groupes alors on a splité pour former Appletop. On a très vite commencé les concerts. Dès le départ on a même essayé de s’exporter en dehors de Toulon avec des dates à Marseille. Mais nous n’étions pas en place, nos morceaux n’étaient pas très bien écris. On était maladroit sur scène. Donc ça n’a pas été des réussites. Depuis on a progressé, on a une approche différente. On doit aujourd’hui en être à une cinquantaine de concerts dont trente sur Toulon. Maintenant, quand on repense à nos premières compos et qu’on les rejoue pour rigoler, on rigole bien et on comprend pourquoi les gens ne réagissaient pas. Pour ce qui est de l’actualité, on vient de sortir notre premier EP. On a repris les concerts la semaine dernière avec déjà une quinzaine de dates. On reviendra à Lyon le 29 février, mais cette fois à la Plateforme. L’objectif est de continuer à en trouver pour vraiment défendre le maxi.
 
Vous avez une personne qui vous aide dans toutes ces démarches ?
P. : Non, et la difficulté c’est vraiment ça, cela prend beaucoup de temps de démarcher. Pour l’instant c’est Olivier qui s’en occupe, mais trouver un label ou une structure est un objectif très important.
 
O. : Après, ça marche bien. Je sais c’est dur de se le dire mais vue que l’on a de bons retours et que l’on nous fait confiance pour des programmations, on a des raisons d’y croire.
 
Pour l’album aussi vous avez tout fait seuls ?
P. : On a été coproduit par les studios Coccinelle. Pour le pressage, on a été financé par le festival plage de rock qui a lieu à St Tropez. On a joué plusieurs fois pour ouvrir l’évènement, pour nous remercier ils nous ont offert le pressage des 1000 exemplaires.
N. : Le maxi est en vente sur internet et à la fnac de Toulon et Nice, bientôt Marseille et Aix. Avec les fnac, ce sont des contrats indépendants. On les soudoie, on les menace (rires).
O. : A la fnac de Toulon nous avons été très bien accueilli. Dès que j’ai prononcé le nom Appletop, cela a été une révélation pour la responsable. Elle nous avait vus en concert et était fan. Elle nous a même directement proposé de faire un show case qui a eu lieu la semaine dernière. On a d’ailleurs eu un super retour du public toulonnais. La salle du forum était pleine à craquer.
 
6-Que des amis ?
N. : Non, non. Les amis ne viennent plus trop, voir des visages nouveaux c’est cela qui fait plaisir.
 
Et le maxi s’écoule bien ?
P. : Ce qui compte avant tout c’est la diffusion. En le vendant à 5 euros on ne souhaite pas gagner de l’argent.
O. : Tant que l’on restera indépendant sur ça, on le fera. Avec un contrat nous n’aurons certainement plus toutes les cartes en main. Pour ce qui est des chiffres, à la fnac de Toulon on en a déjà vendu plus de 60.
 
Vous espérez à travers cette diffusion attirer un label ?
O. : On a plutôt tendance à les rappeler. Il faut leur courir après. On avait eu un bon retour de la part d’un label que l’on apprécie, on verra ce que ça va donner.
P. : Il nous faudrait des dates à Paris.
 
La vie du groupe, c’est des répétitions très régulières, seulement le week-end parce que vous êtes étudiant et qu’il y en a un à Marseille, l’autre Nice ?
P. : Oui c’est à peu près ça sauf que moi je suis à Grenoble. On répète donc presque tous les week-end de façon très intense, pendant les vacances on essai de faire des résidences comme celle que l’on va faire à Toulon la semaine prochaine. Ca nous oblige à réfléchir les chansons dans notre coin.
 
C’est beaucoup de sacrifices, le jeu en vaut la chandelle ?
P. : Non, ce ne sont pas des sacrifices
O. : Moi j’en ai marre, je crois que je vais bientôt arrêter (rires). Non, en fait si ça s’arrêtait j’aurais l’impression de perdre quelqu’un, ce n’est pas pour faire de l’émotion que je dis cela, c’est ce que je ressens.
P. : C’est un beau gosse romantique (rires).
N. : Ca va faire trois ans qu’on répète tous les samedi, si on continue c’est parce qu’il y a beaucoup de plaisir.
 
Et vos amis ou famille ne s’en plaignent pas trop ?
P. : C’est une bonne question. C’est vrai, peut être que certains se disent que l’on court après un rêve complètement décalé parce qu’ils pensent que notre musique c’est de la merde. Après, je ne crois pas que nos amis pensent cela.
O. : L’autre jour Marine m’a dit : « Et vous ne faites que vos 7 morceaux en concert ». Non pas du tout
N. : Non, on en a un 8ième maintenant (fou rire général)
 
Vous passez des messages à travers les chansons ?
P. : Ce sont des textes assez flous, libres. On ne parle pas d’anecdotes précises. J’aime bien l’idée de pouvoir laisser le public s’approprier les chansons. Comme le font Arcade Fire ou The National.
O. : Ce sont des histoires
 
Vos histoires ?
O. : Des histoires…
 
Quel recul portez-vous sur votre production, encore une grosse marge de progression ?
P. : J’aime ce que l’on fait et je trouve qu’il ya des trucs vraiment bien et de bonnes mélodies dans l’EP. Après forcément si on se dit que c’est le meilleur truc du monde on se trompe. J’espère que l’on va continuer à avancer. D’ailleurs je pense que dès l’été on va retourner en studio pour faire un deuxième maxi.
O. : On aime bien l’esprit des maxi, d’une part parce qu’on aime le côté objet du support et ça sort plus souvent. Je ne suis pas pour l’idée de faire un album tant que l’on ne sera pas distribué. Tu fais un album, un deuxième, tu arrives au troisième sans être connu. Le format maxi, je préfère pour l’instant
P. : Oui et puis c’est comme la différence entre écrire un roman et une nouvelle (rire de Nicolas et Olivier). Je fais juste une métaphore et ils sont perdus.
N. : Pour la diffusion c’est plus facile aussi. Personnellement entre acheter un maxi à 5 euros et un album à 12 euros d’un groupe que je ne connais pas, mon choix est fait.
 
Pour finir, quels suppléments les spectateurs vont trouver dans vos concerts par rapport à vos enregistrements ?
Tous : La folie, la fougue, la transpiration, les acouphènes, les cordes qui cassent quelque chose de beaucoup plus vivant.

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