RAVENHILL

Publié le par Frédéric Gille

Samedi soir avait lieu au Citron une soirée acoustique, avant celle-ci Ravenhill s'est prété au jeux de l'interview :

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Vous jouez ce soir au Citron un concert acoustique à trois, cependant vous êtes 5 dans le groupe, qui sont les acteurs de Ravenhill ?
Sylvain : Ravenhill, c’est une association de gens qui viennent de domaines différents. C’est parti de moi et Niko, un projet qu’on avait depuis longtemps. On s’est rencontré au Lycée où on a commencé à faire de la musique. Au fur et à mesure on a monté des groupes, qui n’ont pas forcément fonctionné, on s’associait avec des gens qui étaient moins motivés. A un moment donné, on a un peu tous arrêtés de jouer en groupe. J’ai commencé à enregistrer des morceaux dans mon coin. Et puis, via Myspace j’ai rencontré Bill, l’autre guitariste de Ravenhill, on a commencé à travailler ensemble. Après j’ai rappelé Niko, c’était l’année dernière. On a vraiment trouvé notre bonheur en novembre. On a rencontré Philoons et Moïse, le bassiste et le batteur, qui jouaient déjà ensemble dans d’autres formations. Au final c’est un ensemble de personnalités bien différentes, mais ça reste cohérent
 
L’univers musical de Ravenhill c’est du power rock psychédélique ?
S. : Oui on peut dire ça comme ça, ou rock psychédélique tout simplement. C’est difficile de mettre des mots sur notre musique.
Niko : C’est pas mal de choses psychés, 60’s-70’s, mais aussi modernes avec des influences venant de Radiohead, Interpol.
 
Pourquoi cet univers ?
S. : Ca c’est fait naturellement. On a toujours eu un goût pour le bizarre en général. A la fois pour les trucs très mélodiques mais aussi bruitistes avec des effets qui partent dans tous les sens. Du coup, dans certaines chansons on fait des ponts entre des trucs mélodiques et des trucs plus progressifs. On joue beaucoup sur la nuance. On essai de faire des grandes variantes d’intensité. Un peu comme Led Zep le faisait, passer du chaud au froid.
 
La place de chacun dans cet univers ?
S. : Chacun apporte sa pierre. On bosse surtout sur les démos que j’ai enregistrées à la maison. Elles sont vraiment retravaillées et prennent une ampleur différente. Chacun a un jeu particulier, par exemple entre les deux guitares il y a complémentarité. Bill est traditionnel dans son jeu, plus à la Hendrix, des grosses guitares qui partent un peu dans tout les sens. Niko est plus moderne, plus expérimental, influencé par les années 90.
 
Et depuis la création du groupe vous avez déjà fait des concerts ?
S. : On en a fait deux. Là, c’est le troisième, un peu différent, comme c’est acoustique.
 
D’ailleurs, l’aventure live vous souhaitez la vivre de quelle façon ?
Bill : On est en plein démarchage, salles de concerts, festivals. On a enregistré une maquette de quatre titres que l’on envoit depuis le début de l’année. Par rapport à l’espace, on aimerait jouer dans des salles plus grandes que le Sirius ou le Citron. On a une musique qui à besoin d’espace. Dans les petites salles on se sent un peu bridé, mais l’effort d’y jouer on va le faire car au début on jouera plus souvent dans ces salles.
S. : Ce soir on se sert un peu la ceinture. On a revu les chansons de façon minimaliste. On oublit les passages qui partent dans de gros effets. On a gardé la structure des chansons et la mélodie.
B. : Pour l’instant on a travaillé un set électrique donc la transposition est vraiment difficile. Peut être que dans deux ans on aura deux heures de set et au sein trente minutes qui s’appliqueront en acoustique.
S. : Et puis on n’a pas envie de se complaire dans notre scène. On est intéressé pour faire des concerts avec des groupes qui évoluent dans d’autres registres, électro, punk, jazz. On espère pouvoir s’exporter.
 
Par rapport aux répétitions, les morceaux évoluent en live ?
B. : C’est fidèle mais beaucoup moins fort au niveau sonore. Il y a un système de goniomètre dans les salles, nous on n’en a pas. On ne s’occupe pas de ça et on joue fort en répétition. On était un peu perdu pour les réglages des guitares, mais on essaie de rester fidèle et on laisse encore peu de place à l’impro.
Nico : Le final reste de l’impro, c’est un final qui dure plus de cinq minutes et qui évolue à chaque concert.
S. : On ne le fait pas encore beaucoup mais c’est quelque chose qui nous tient à cœur l’impro.
 
Vous essayer donc d’avoir de la créativité sur chaque morceau ?
S. : Oui, bien sûr. On retravaille le son avec des effets très portés sur la bizarrerie, on aime créer des sons. On utilise des instruments originaux comme la mandoline. Si plus tard des morceaux justifient d’utiliser d’autres instruments alors on le fera. On ne se donne pas de limite, on laisse évoluer notre musique. En général la structure des morceaux est souvent éclatée, pas traditionnelle. Il y a une grosse part instrumentale dans certain morceau. On ne se donne pas de cadre, si un couplet suffit on laisse le morceau tel quel. On n’essaie pas de rentrer dans les codes radiophoniques.
 
Dans le groupe c’est l’effervescence ?
N. : On est enthousiaste. Ca marche musicalement et on a fait deux premiers concerts, un au Double Six et l’autre au Sirius pour Dandelyon, très positifs. On était même surpris, ça s’est fait très vite. Le groupe était tout juste formé qu’on avait ces concerts.
S. : On aimerait pouvoir vivre de la musique. Le rêve c’est de pouvoir jouer tous les jours. Et puis dès les premières répétitions ça c’est super bien passé. On avait l’impression qu’on se connaissait depuis des années.
 
Un enregistrement pour cette année 2008 ?
N. : A oui, à fond. A l’automne on espère avoir quelque chose. On a les moyens de faire quelque chose de propre par nos propres moyens et comme on a les morceaux on fera tout pour le faire.
 
Vous souhaitez faire évoluer votre set ?
S. : Pour l’instant on a un set de trois quarts d’heure avec sept morceaux dans la boîte. L’objectif est de rajouter 45 minutes pour pouvoir agencer le set et avoir quelque chose de cohérent. Les morceaux pour allonger le set, on les a, il ne reste plus qu’à les travailler. On aimerait aussi développer le visuel, faire des projections liées aux morceaux. Des choses psychées, abstraites, qui illustrent la musique. Sans forcément créer une histoire, mais une ambiance pour que le public soit transporté par le son et l’image. Notre objectif n’est pas forcément de faire danser les gens, mais de les plonger dans quelque chose qui les fasse partir.

SITE OFFICIEL DE RAVENHILL
 

Publié dans Interviews artistes

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Sylvain 24/02/2008 13:03

Un goniomètre, vraiment ?