"MONTER SUR LES ORTEILS DES GEANTS"

Publié le par Frédéric Gille

Rencontre avec trois membre du groupe savoyard qui viendra jouer au Citron le 16 février.

electri-ladyland-copie-1.jpgElectric Ladyland, le nom de votre groupe, c’est en référence à Jimi Hendrix ?
Oui, bien sûr. On était parti sur France Q-ulture, mais ça n’avait rien à voir avec notre histoire. On a découvert la musique dans les vinyles de nos parents. Jimi Hendrix occupait une belle place dans cette discographie. Après, certains trouvent que c’est prétentieux, mais ce nom est un hommage. La musique est liée à travers les générations, on avait envie de montrer ce lien.
 
Au niveau de votre musique, vous descendez de Jimi Hendrix ?
C’est bien sûr une influence mais la plus grande influence reste les Pink Floyd. On est plus un groupe d’improvisation. Les morceaux durent au minimum 10 min et on ne compose pas autour de riff mais de pont. Matthieu (guitare, chant) apporte le squelette. On l’interprète, et on construit. Ce ne sont pas forcément des rythmes qui groovent. On fait des choses qui nous transportent par l’énergie et non la puissance. C’est donc difficile de nous classer, on doit faire du post rock.
 
10 minutes, un squelette qui évolue, de l’improvisation, pas trop difficile de finir vos compositions ?
C’est un peu notre problème. On veut parfois en faire trop. Il faut alors recentrer et clore le morceau. Souvent on arrive très loin de ce dont on était parti. Heureusement Matthieu aime bien que ça évolue, il ne pense pas à la finalité quand il apporte une idée. Et puis comme on continue à progresser, les morceaux, même ceux déjà écris, évoluent au fur et à mesure des répétitions et des sets. Au final, on adore quand c’est carré et improvisé.
 
Pas trop difficile d’être en décalage de la vague bébés rockeurs ?
On est allé voir et on est vite parti. Les mecs disaient c’est rock’n roll, mais au final ça tuait le rock. Heureusement Justice est arrivé et la mode est retourné à l’électro. Les mecs croyaient au retour des années 60, qu’ils allaient refaire la révolution, sauf que l’on n’est pas dans ce contexte. Et puis combien de ces groupes savent bien jouer Johny Bee Good, très peu. Perrault disait : « nous sommes des nains et nous devons monter sur les épaules des géants ». Tous ces groupes de la vague bébés rockeurs se prennent pour des géants, alors que ce sont des nains. Nous aussi on est des nains, sauf que nous en avons conscience. On essai juste de monter sur les orteils des géants. Aujourd’hui, si tu n’es pas dans la meute, tu ne peux plus sortir. Tout le système est stéréotypé, les radios, les mags. C’est assez drôle de voir Rock & Folk, qui se dit anti Star-ac, faire tout un article élogieux sur un groupe, alors que celui-ci fait un prime à la Star-ac.
 
Vous avez du monde pour vous aidez dans le développement du groupe ?
On a toute une petite famille derrière nous. On tient à tous les remercier. Kymmo qui prend des photos pour nous. Quentin qui nous a beaucoup aidé pour le son, les mix, pour les maquettes, mais aussi Xavier. Apoline, qui est notre manageur, et Yoan, de l’association Coquelicot’s tea party qui nous apporte beaucoup. Depuis peu on a aussi Alexia Ligonnet qui s’occupe de notre communication et une personne qui est aux beaux arts à Caen, nous a contacté pour s’occuper de l’artistique.
 
Pour finir, comment définiriez-vous votre aventure musicale ?
A la base c’est une aventure de pote qu'on a envie de faire partager. Ca n’est pas à but lucratif (rires). On a eu pas mal de projets avortés, mais cet été on aimerait trouver un groupe sur Londres pour faire un échange de dates. On a de bons contacts et ça devrait se finaliser. Dans l’avenir on aimerait aussi vivre la musique à travers l’enregistrement d’un album, mais nous n’avons pas encore assez de vécu. Il faudrait faire une tournée de six mois ! Pour nous, un album ce n’est pas un enchaînement de titres mais un seul titre, une histoire. On espère y arriver un jour, en attendant on va enregistrer notre prochain concert au Citron pour faire un boutleg qui sera disponible sur internet.

SITE OFFICIEL D'ELECTRIC LADYLAND

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